andré françois prévert

                                                                                               

VOUS QUI ENTREZ...

LEI QUI ENTRA...

 

<<Meraviglia non è mistero>>

Leonardo Da Vinci

 

                                                                                                        

 

 


 

 

 

 

 



les pieds dans les nuages 

Les pieds dans les nuages

 

Le temps passe, le temps pis...

amin maalouf


alignement lune vénus jupiter

Alignement Jupiter-Vénus-Lune, le 24 février 2012 à 20h00,
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non è
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Le petit duc dans la nuit provençale
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ABROGATION DE LA LOI! 
"Les 145 milliards des déficits de l'Etat pour 2009!
Comment ne pas s'interroger quand on sait qu'ils
représentent l'équivalent du total des intérêts de
la dette et des exonérations sociales et fiscales
consenties par le gouvernement au patronat?"
Lettre de Gérard Schivardi aux maires
La dette n'est pas celle du peuple,
 mais  celle des spéculateurs!
   
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 orsinette et bombyle course
Orsinette, la vipère d'Orsini
de la montagne de Lure
et
Bill, le bombyle de Provence
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Les 5 vivants:
 le lion, l'aigle, le boeuf,
 l'arbre et L'épluch'Lure
quatre-vivants-et-un.jpg
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penseur solitaire 2
 
民主万岁!

minzhu wan sui!

Vive la démocratie!

gouache chine barb'
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Le "coup de pied"

qui veut dire merci!

 

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      Nouvelle

"La controverse

de Cruis

en 1317"

une nouvelle de Barb'

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Nouvelle

      grenade.PNG

Grenade, Al Andalus

 


Pourquoi ce blog?

04

 

ammonite.jpg

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Pour magnifier un département.

  • Pour défendre les départements
  • et les communes
  •  issus de la Révolution française
  • de
  • 1789,
  • 1793,
  • 1830,
  • 1848,
  •  1871
  • à
  • 1945.
  • 36000 communes
  • une centaine de départements

Il n'y a pas d' "Etat providence" !

Toute amélioration de la vie du peuple

a été arrachée sur les barricades!

   la liberté

"La Liberté..."

Eugène Delacroix

republique daumier

DAUMIER
La République nourrit
et instruit ses enfants
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les constitutions de
1789 à 1793
+
Déclaration des droits
de l'homme & du citoyen
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après à ça ira
______________________
__________________
La science n'est pas
démocratique, elle ne dépend pas
de de l'opinion,
fût-elle majoritaire.

Quand le doute n'est pas permis,
il n'y a plus ni recherche ni science!
 
VIDEO:
La conférence de Vincent Courtillot
sur le "réchauffement climatique"
à l'Université de Nantes sur le lien:
http://0z.fr/AOZ9Y

son livre:
vincent courtillot odile jacob 


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Howard ZINN
Participant actif du mouvement des droits civiques, des mobilisations contre la guerre du Vietnam, puis contre l'invasion de l'Irak, universitaire reconnu, est décédé ce 27 janvier 2009.
Indispensable
Howard-Zinn-Couv.jpg 4e de couv.
Howard-Zinn-4e-Couv.jpg"Je pense que si les Etats-Unis poursuivent dans la même direction, nous pourrions assister à la naissance d'un nouveau  mouvement populaire. C'est le seul espoir pour les Etats-Unis."
Howard ZINN- Cité par François FORGUE dans Informations Ouvrières N°84

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Hypatia d'Alexandrie, scientifique
victime de l'intolérance religieuse  

pour l'absolue liberté de conscience,
contre toutes les religions,
contre tous les dogmes!
Et au-delà
pour la liberté et l'indépendance
de la recherche scientifique
et de son enseignement!
 
raffael-ecole-d-athene-detail.jpg
Hypatie, drapée de blanc, figure
parmi les savants et philosophes antiques,
dans "L'école d'Athène" de Raphaël,
au grand dam du pape qui censura
le tableau.

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L'humour,
parce qu'il est désarmant
est parfois
la meilleure des armes!
Cliquez sur
le portrait d'Albert Einstein:
a-einstein.jpg
Et Sigmund!...
... Freud, bien sûr,
(n'en déplaise
à M.Onfray):
"Il serait temps de nous familiariser
avec  certaines caractéristiques
de l'humour.
L'humour a non seulement
quelque chose de libérateur,
analogue en cela à l'esprit
et au comique, mais encore
quelque chose de sublime et d'élevé
(...)
Le moi se refuse à admettre que les
traumatismes du monde extérieur
puissent le toucher(...)

cité par A. Breton
(Préface-"Anthologie de l'humour noir")
Livre dePoche 3043
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LE SOLEIL EN DIT PLUS:

cadran-solaire-et-l-gende.jpg


CADRAN:Orienté vers le sud.

Pour calculer l'angle de la tige

par rapport à la verticale:

90°- latitude du lieu.

ex: latitude 44°,

donc 90 - 44 = 46

  Pour ce cadran solaire,

pliez la tigepour que

l'angle soit de 46°

par rapport à la verticale.

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L'Alexanor (Manosque)

alexanor zoom

L'Apollon de Simiane?

apollon de simiane24 août2010


Le Droit à la Paresse! Bord..!

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<-><-> OTIUM<-><->
(dans l'Antiquité romaine)

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la courte nouvelle

de Barb'

"TU FINIRAI COME UN CANE"

en cliquant sur l'image:

border collet à l'oeuvre ongles

Jean Meslier, curé athée

Lire la brochure,

extraits de son testament

 

Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 09:12

boite-a-neige-copie-1.jpg BUYE

Les syndicats FO et CGT du site d'AREVA de La Hague ont gagné contre le projet de  sous-traitance confiée au privé.

Unité et indépendance ont payé !

Un tremplin pour renationaliser EDF! pour le contrôle de l'énergie nucléaire avec les syndicats de salariés!

Pourquoi les médias ne relaient-ils pas cette information importante pour les salariés  et pour tous les citoyens?

Poser la question c'est  y répondre!

Barb'

 


Lu dans Informations Ouvrières N°160 organe du POI

Extrait du jugement rendu le 5 juillet 2011 par le tribunal de grande instance

Le tribunal de grande instance de Paris a "annulé la décision d'externalisation" d'Areva concernant la production de vapeur à l'usine de la Hague, sous astreinte de 200 000 euros par infraction constatée passé le délai d'un mois. Par ailleurs, AREVA devra verser 28000 euros de frais de justice aux syndicats de la Hague.

Le TGI a estimé qu'il y avait "lieu d'interdire à Areva la poursuite de la mise en oeuvre de l'externalisation de l'activité DI-PE (direction industrielle de production d'énergie). Cette direction a un rôle important dans le maintien du niveau de sûreté, puisqu'elle assure le confinement par la ventilation, le refroidissement des piscines de stockage des combustibles, la distribution de l'eau d'incendie..."

Pour le tribunal, cette externalisation est "génératrice de risques psychosociaux importants et de risques techniques et industriels considérables","de nature à compromettre la santé et la sécurité des travailleurs concernés",. "l'opération d'externalisation présente des modalités de mise en oeuvre qui ont généré des risques psychosociaux" et que "ces risques psychosociaux ont vocation au surplus à s'accroître au cours de la mise en oeuvre effective de l'externalisation dès lors que ces salariés fragilisés vont devoir, en plus de leur tâche habituelle, former des salariés" de Dalkia.


Par Barb' - Publié dans : écho du logis
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 10:51

barb-bombyle-orsinette-sommets.jpg

Barb', Orsinette, la vipère d'Orsini et Bill, le bombyle, à la montagne

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DIGNE LES BAINS

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Digne, sous les falaises des Dourbes

 

Le repaire de Pierre Gassend, dit Gassendi (1592-1655), une grande figure du libertinage

  gassendi-pierre.jpg anonyme

"Et d'abord je ne vois aucune raison de m'émouvoir profondément de passer pour m'opposer à l'avis de la foule, puisqu'on sait depuis longtemps à quel point il faut considérer que la multitude est un mauvais juge de la vérité. Car il est clair que nulle question ne devrait dépendre du nombre ou de la célébrité de ceux qui professent telle opinion, mais seulement du poids des témoignages et des raisonnements qui permettent de la trancher (une fois écartés les préjugés de la foule).Car s'il en allait si ien des choses humaines que le plus grand nombre approuve ce qui est le meilleur, je me rangerais là où afflue le plus grand nombre; mais la plupart des gens sont entraînés moins par leur raison que par l'exemple de ceux qui les ont précédés; et toujours très rares sont ceux qui lèvent le pied et s'interrogent s'il faut continuer sur le chemin où is avancent.(...)"

[in Vie et moeurs d'Epicure Classiques en POCHE n°73- Dédicace, page 11-]

 

Tout l'esprit et la déontologie scientifique moderne, dont certains

devraient prendre de la graine!

 

Voir aussi Gassendi et son expérience

sur le port de Marseille

en cliquant sur l'image:


expérience de gassend

http://un-alien-en-provence.over-blog.com/article-gassend-sur-le-vieux-port-de-marseille-73967413.html 


 

Papillons en liberté! Musée en plein air!

Digne, direction Barles

(parking bien indiqué sur la gauche après le pont sur la Bléonne)

 

Tiens, j'ai cru voir Claude Monet!

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Non, Claude Monet, le voilà avec ses nymphéas murales, "dazibaotiques"....

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Ce n'était qu'un touriste japonais qui fredonnait "Sakura"(une chanson traditionnelle)

 

 

Digne et Victor Hugo

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C'est à Digne (04) que Hugo fait arriver Jean Valjean, libéré du bagne de Toulon (Var 83).

Le seul qui accepte d'héberger l'ancien forçat, c'est l'évêque de Digne...

 

Victor HUGO  "Les misérables " (1866)

[L'évêque de Digne rend visite à l'ancien conventionnel de 1793, nommé G., mourant.

Espère-t-il lui faire abjurer son athéisme?

Le dialogue entre l'évêque et le révolutionnaire républicain en dit long sur la conversion de Hugo aux idées républicaines et révolutionnaires de 1793. Dans "Quatre-vingt-treize", tout cela sera approfondi par l'auteur au parcours des plus rares, puisque de monarchiste, il devint bonapartiste avec Napoléon puis républicain combattant la réaction monarchiste et le "parti prêtre" en 1850 à la Chambre à travers le refus de la loi du comte Falloux.] 



chap.10-  L'évêque en présence d'une lumière inconnue

 

A une époque un peu postérieure à la date de la lettre citée dans les pages précédentes, il fit une chose, à en croire toute la ville, plus risquée encore que sa promenade à travers les montagnes des bandits. Il y avait près de Digne, dans la campagne, un homme qui vivait solitaire. Cet homme, disons tout de suite le gros mot, était un ancien conventionnel. Il se nommait G. On parlait du conventionnel G. dans le petit monde de Digne avec une sorte d'horreur. Un conventionnel, vous figurez-vous cela? Cela existait du temps qu'on se tutoyait et qu'on disait: citoyen. Cet homme était à peu près un monstre. Il n'avait pas voté la mort du roi, mais presque. C'était un quasi-régicide. Il avait été terrible. Comment, au retour des princes légitimes, n'avait-on pas traduit cet homme-là devant une cour prévôtale? On ne lui eût pas coupé la tête, si vous voulez, il faut de la clémence, soit; mais un bon bannissement à vie. Un exemple enfin! etc., etc. C'était un athée d'ailleurs, comme tous ces gens-là. - Commérages des oies sur le vautour.

Etait-ce du reste un vautour que G.? Oui, si l'on en jugeait parce qu'il y avait de farouche dans sa solitude. N'ayant pas voté la mort du roi, il n'avait pas été compris dans les décrets d'exil et avait pu rester en France.

Il habitait, à trois quarts d'heure de la ville, loin de tout hameau, loin de tout chemin, on ne sait quel repli perdu d'un vallon très sauvage. Il avait là, disait-on, une espèce de champ, un trou, un repaire. Pas de voisins; pas même de passants. Depuis qu'il demeurait dans ce vallon, le sentier qui y conduisait avait disparu sous l'herbe. On parlait de cet endroit-là comme de la maison du bourreau.

Pourtant l'évêque songeait, et de temps en temps regardait l'horizon à l'endroit où un bouquet d'arbres marquait le vallon du vieux conventionnel, et il disait: Il y a là une âme qui est seule.

Et au fond de sa pensée il ajoutait: Je lui dois ma visite.

Mais, avouons-le, cette idée, au premier abord naturelle, lui apparaissait, après un moment de réflexion, comme étrange et impossible, et presque repoussante. Car, au fond, il partageait l'impression générale, et le conventionnel lui inspirait, sans qu'il s'en rendît clairement compte, ce sentiment qui est comme la frontière de la haine et qu'exprime si bien le mot éloignement.

Toutefois, la gale de la brebis doit-elle faire reculer le pasteur? Non. Mais quelle brebis!

Le bon évêque était perplexe. Quelquefois il allait de ce côté-là, puis il revenait.

Un jour enfin le bruit se répandit dans la ville qu'une façon de jeune pâtre qui servait le conventionnel G. dans sa bauge était venu chercher un médecin; que le vieux scélérat se mourait, que la paralysie le gagnait, et qu'il ne passerait pas la nuit. - Dieu merci! ajoutaient quelques-uns.

L'évêque prit son bâton, mit son pardessus à cause de sa soutane un peu trop usée, comme nous l'avons dit, et aussi à cause du vent du soir qui ne devait pas tarder à souffler, et partit.

Le soleil déclinait et touchait presque à l'horizon, quand l'évêque arriva à l'endroit excommunié. Il reconnut avec un certain battement de coeur qu'il était près de la tanière. Il enjamba un fossé, franchit une haie, leva un échalier, entra dans un courtil délabré, fit quelques pas assez hardiment, et tout à coup, au fond de la friche, derrière une haute broussaille, il aperçut la caverne.

C'était une cabane toute basse, indigente, petite et propre, avec une treille clouée à la façade.

Devant la porte, dans une vieille chaise à roulettes, fauteuil du paysan, il y avait un homme en cheveux blancs qui souriait au soleil.

Près du vieillard assis se tenait debout un jeune garçon, le petit pâtre. Il tendait au vieillard une jatte de lait.

Pendant que l'évêque regardait, le vieillard éleva la voix:

- Merci, dit-il, je n'ai plus besoin de rien. Et son sourire quitta le soleil pour s'arrêter sur l'enfant.

L'évêque s'avança. Au bruit qu'il fit en marchant, le vieux homme assis tourna la tête, et son visage exprima toute la quantité de surprise qu'on peut avoir après une longue vie.

- Depuis que je suis ici, dit-il, voilà la première fois qu'on entre chez moi. Qui êtes-vous, monsieur?

L'évêque répondit:

- Je me nomme Bienvenu Myriel.

- Bienvenu Myriel! j'ai entendu prononcer ce nom. Est-ce que c'est vous que le peuple appelle monseigneur Bienvenu?

- C'est moi.

Le vieillard reprit avec un demi-sourire:

- En ce cas, vous êtes mon évêque?

- Un peu.

- Entrez, monsieur.

Le conventionnel tendit la main à l'évêque, mais l'évêque ne la prit pas. L'évêque se borna à dire:

- Je suis satisfait de voir qu'on m'avait trompé. Vous ne me semblez, certes, pas malade.

- Monsieur, répondit le vieillard, je vais guérir.

Il fit une pause et dit:

- Je mourrai dans trois heures.

Puis il reprit:

- Je suis un peu médecin; je sais de quelle façon la dernière heure vient. Hier, je n'avais que les pieds froids; aujourd'hui, le froid a gagné les genoux; maintenant je le sens qui monte jusqu'à la ceinture; quand il sera au coeur, je m'arrêterai. Le soleil est beau, n'est-ce pas? je me suis fait rouler dehors pour jeter un dernier coup d'oeil sur les choses, vous pouvez me parler, cela ne me fatigue point. Vous faites bien de venir regarder un homme qui va mourir. Il est bon que ce moment-là ait des témoins. On a des manies; j'aurais voulu aller jusqu'à l'aube. Mais je sais que j'en ai à peine pour trois heures. Il fera nuit. Au fait, qu'importe! Finir est une affaire simple. On n'a pas besoin du matin pour cela. Soit. Je mourrai à la belle étoile.

Le vieillard se tourna vers le pâtre.

- Toi, va te coucher. Tu as veillé l'autre nuit. Tu es fatigué.

L'enfant rentra dans la cabane.

Le vieillard le suivit des yeux et ajouta comme se parlant à lui-même:

- Pendant qu'il dormira, je mourrai. Les deux sommeils peuvent faire bon voisinage.

L'évêque n'était pas ému comme il semble qu'il aurait pu l'être. Il ne croyait pas sentir Dieu dans cette façon de mourir. Disons tout, car les petites contradictions des grands coeurs veulent être indiquées comme le reste, lui qui, dans l'occasion, riait si volontiers de Sa Grandeur, il était quelque peu choqué de ne pas être appelé monseigneur, et il était presque tenté de répliquer: citoyen. Il lui vint une velléité de Familiarité bourrue, assez ordinaire aux médecins et aux prêtres, mais qui ne lui était pas habituelle, à lui. Cet homme, après tout, ce conventionnel, ce représentant du peuple, avait été un puissant de la terre; pour la première fois de sa vie peut-être, l'évêque se sentit en humeur de sévérité.

Le conventionnel cependant le considérait avec une cordialité modeste, où l'on eût pu démêler l'humilité qui sied quand on est si près de sa mise en poussière.

L'évêque, de son côté, quoiqu'il se gardât ordinairement de la curiosité, laquelle, selon lui, était contiguë à l'offense, ne pouvait s'empêcher d'examiner le conventionnel avec une attention qui, n'ayant pas sa source dans la sympathie, lui eût été probablement reprochée par sa conscience vis-à-vis de tout autre homme. Un conventionnel lui faisait un peu l'effet d'être hors la loi, même hors la loi de charité.

G., calme, le buste presque droit, la voix vibrante, était un de ces grands octogénaires qui font l'étonnement du physiologiste. La révolution a eu beaucoup de ces hommes proportionnés à l'époque. On sentait dans ce vieillard l'homme à l'épreuve. Si près de sa fin, il avait conservé tous les gestes de la santé. Il y avait dans son coup d'oeil clair, dans son accent ferme, dans son robuste mouvement d'épaules, de quoi déconcerter la mort. Azraël, l'ange mahométan du sépulcre, eût rebroussé chemin et eût cru se tromper de porte. G. semblait mourir parce qu'il le voulait bien. Il y avait de la liberté dans son agonie. Les jambes seulement étaient immobiles. Les ténèbres le tenaient par là. Les pieds étaient morts et froids, et la tête vivait de toute la puissance de la vie et paraissait en pleine lumière. G., en ce grave moment, ressemblait à ce roi du conte oriental, chair par en haut, marbre par en bas.

Une pierre était là. L'évêque s'y assit. L'exorde fut ex abrupto.

- Je vous félicite, dit-il du ton dont on réprimandé. Vous n'avez toujours pas voté la mort du roi.

Le conventionnel ne parut pas remarquer le sous-entendu amer caché dans ce mot: toujours. Il répondit. Tout sourire avait disparu de sa face.

- Ne me félicitez pas trop, monsieur; j'ai voté la fin du tyran.

C'était l'accent austère en présence de l'accent sévère.

- Que voulez-vous dire? reprit l'évêque.

- Je veux dire que l'homme a un tyran, l'ignorance. J'ai voté la fin de ce tyran-là. Ce tyran-là a engendré la royauté qui est l'autorité prise dans le faux, tandis que la science est l'autorité prise dans le vrai. L'homme ne doit être gouverné que par la science.

- Et la conscience, ajouta l'évêque.

- C'est la même chose. La conscience, c'est la quantité de science innée que nous avons en nous.

Monseigneur Bienvenu écoutait, un peu étonné, ce langage très nouveau pour lui.

Le conventionnel poursuivit:

- Quant à Louis XVI j'ai dit non. Je ne me crois pas le droit de tuer un homme; mais je me sens le devoir d'exterminer le mal. J'ai voté la fin du tyrlan. C'est-à-dire la fin de la prostitution pour la femme, la fin de l'esclavage pour l'homme, la fin de la nuit pour l'enfant. En votant la république, j'ai voté cela. J'ai voté la fraternité, la concorde, l'aurore! J'ai aidé à la chute des préjugés et des erreurs. Les écroulements des erreurs et des préjugés font de la lumière. Nous avons fait tomber le vieux monde, nous autres, et le vieux monde, vase des misères, en se renversant sur le genre humain, est devenu une urne de joie.

- Joie mêlée, dit l'évêque.

- Vous pourriez dire joie troublée, et aujourd'hui, après ce fatal retour du passé qu'on nomme 1814, joie disparue. Hélas, l'oeuvre a été incomplète, j'en conviens; nous avons démoli l'ancien régime dans les faits, nous n'avons pu entièrement le supprimer dans les idées. Détruire les abus, cela ne suffit pas; il faut modifier les moeurs. Le moulin n'y est plus, le vent y est encore.

- Vous avez démoli. Démolir peut être utile; mais je me défie d'une démolition compliquée de colère.

- Le droit a sa colère, monsieur l'évêque, et la colère du droit est un élément du progrès. N'importe, et quoi qu'on en dise, la révolution française est le plus puissant pas du genre humain depuis l'avènement du Christ. Incomplète, soit; mais sublime. Elle a dégagé toutes les inconnues sociales. Elle a adouci les esprits; elle a calmé, apaisé, éclairé; elle a fait couler sur la terre des flots de civilisation. Elle a été bonne. La révolution française, c'est le sacre de l'humanité.

L'évêque ne put s'empêcher de murmurer:

- Oui? 93!

Le conventionnel se dressa sur sa chaise avec une solennité presque lugubre, et, autant qu'un mourant peut s'écrier, il s'écria :

- Ah! vous y voilà! 93! J'attendais ce mot-là. Un nuage s'est formé pendant quinze cents ans. Au bout de quinze siècles, il a crevé. Vous faites le procès au coup de tonnerre.

L'évêque sentit, sans se l'avouer peut-être, que quelque chose en lui était atteint. Pourtant il fit bonne contenance. Il répondit:

- Le juge parle au nom de la justice; le prêtre parle au nom de la pitié, qui n'est autre chose qu'une justice plus élevée. Un coup de tonnerre ne doit pas se tromper.

Et il ajouta en regardant fixement le conventionnel.

- Louis XVII?

Le conventionnel étendit la main et saisit le bras de l'évêque:

 

- Louis XVII! voyons. Sur qui pleurez-vous? Est-ce sur l'enfant innocent? alors, soit. Je pleure avec vous. Est-ce sur l'enfant royal? je demande à réfléchir. Pour moi, le frère de Cartouche, enfant innocent, pendu sous les aisselles en place de Grève jusqu'à ce que mort s'ensuive, pour le seul crime d'avoir été le frère de Cartouche, n'est pas moins douloureux que le petit-fils de Louis XV, enfant innocent, martyrisé dans la tour du Temple pour le seul crime d'avoir été le petit-fils de Louis XV.

- Monsieur, dit l'évêque, je n'aime pas ces rapprochements de noms.

- Cartouche? Louis XV? pour lequel des deux réclamez-vous?

Il y eut un moment de silence. L'évêque regrettait presque d'être venu, et pourtant il se sentait vaguement et étrangement ébranlé.

Le conventionnel reprit:

- Ah! monsieur le prêtre, vous n'aimez pas les crudités du vrai. Christ les aimait, lui. Il prenait une verge et il époussetait le temple. Son fouet plein d'éclairs était un rude diseur de vérités. Quand il s'écriait: Sinite parvulos, il ne distinguait pas entre les petits enfants. Il ne se fût pas gêné de rapprocher le dauphin de Barabbas du dauphin d'Hérode. Monsieur, l'innocence est sa couronne à elle-même. L'innocence n'a que faire d'être altesse. Elle est aussi auguste déguenillée que fleurdelysée.

- C'est vrai, dit l'évêque à voix basse.

 

- J'insiste, continua le conventionnel G. Vous m'avez nommé Louis XVII. Entendons-nous. Pleurons-nous sur tous les innocents, sur tous les martyrs, sur tous les enfants, sur ceux d'en bas comme sur ceux d'en haut? J'en suis. Mais alors, je vous l'ai dit, il faut remonter plus haut que 93, et c'est avant Louis XVII qu'il faut commencer nos larmes. Je pleurerai sur les enfants des rois avec vous, pourvu que vous pleuriez avec moi sur les petits du peuple.

- Je pleure sur tous, dit l'évêque.

- Egalement! s'écria G., et si la balance doit pencher, que ce soit du côté du peuple. Il y a plus longtemps qu'il souffre.

Il y eut encore un silence. Ce fut le conventionnel qui le rompit. Il se souleva sur un coude, prit entre son pouce et son index replié un peu de sa joue, comme on fait machinalement lorsqu'on interroge et qu'on juge, et interpella l'évêque avec un regard plein de toutes les énergies de l'agonie. Ce fut presque une explosion.

- Oui, monsieur, il y a longtemps que le peuple souffre. Et puis, tenez, ce n'est pas tout cela, que venez-vous me questionner et me parler de Louis XVII? Je ne vous connais pas, moi. Depuis que je suis dans ce pays, j'ai vécu dans cet enclos, seul, ne mettant pas les pieds dehors, ne vient personne que cet enfant qui m'aide. Votre nom est, il est vrai, arrivé confusément jusqu'à moi, et, je dois le dire, pas très mal prononcé; mais cela ne signifie rien; les gens habiles ont tant de manières d'en faire accroire à ce brave bonhomme de peuple. A propos, je n'ai pas entendu le bruit de votre voiture, vous l'aurez sans doute laissée derrière le taillis, là-bas, à l'embranchement de la route. Je ne vous connais pas, vous dis-je. Vous m'avez dit que vous étiez l'évêque, mais cela ne me renseigne point sur votre personne morale. En somme, je vous répète ma question. Qui êtes-vous? Vous êtes un évêque, c'est-à-dire un prince de l'église, un de ces hommes dorés, armoriés, rentés, qui ont de grosses prébendes, - l'évêché de Digne, quinze mille francs de fixe, dix mille francs de casuel, total, vingt-cinq mille francs, - qui ont des cuisines, qui ont des livrées, qui font bonne chère, qui mangent des poules d'eau le vendredi, qui se pavanent, laquais devant, laquais derrière, en berline de gala, et qui ont des palais, et qui roulent carrosse au nom de Jésus-Christ qui allait pieds nus! Vous êtes un prélat; rentes, palais, chevaux, valets, bonne table, toutes les sensualités de la vie, vous avez cela comme les autres, et comme les autres vous en jouissez, c'est bien, mais cela en dit trop ou pas assez; cela ne m'éclaire pas sur votre valeur intrinsèque et essentielle, à vous qui venez avec la prétention probable de m'apporter de la sagesse. A qui est-ce que je parle? Qui êtes-vous?

L'évêque baissa la tête et répondit: - Vermis sum.

- Un ver de terre en carrosse! grommela le conventionnel.

 

C'était le tour du conventionnel d'être hautain, et de l'évêque d'être humble.

L'évêque reprit avec douceur.

- Monsieur, soit. Mais expliquez-moi en quoi mon carrosse, qui est là à deux pas derrière les arbres, en quoi ma bonne table et les poules d'eau que je mange le vendredi, en quoi mes vingt-cinq mille livres de rentes, en quoi mon palais et mes laquais prouvent que la pitié n'est pas une vertu, que la clémence n'est pas un devoir, et que 93 n'a pas été inexorable.

Le conventionnel passa la main sur son front comme pour en écarter un nuage.

- Avant de vous répondre, dit-il, je vous prie de me pardonner. Je viens d'avoir un tort, monsieur. Vous êtes chez moi, vous êtes mon hôte. Je vous dois courtoisie. Vous discutez mes idées, il sied que je me borne à combattre vos raisonnements. Vos richesses et vos jouissances sont des avantages que j'ai contre vous dans le débat, mais il est de bon goût de ne pas m'en servir. Je vous promets de ne plus en user.

- Je vous remercie, dit l'évêque.

G. reprit:

- Revenons à l'explication que vous me demandiez. Où en étions-nous? Que me disiez-vous? que 93 a été inexorable?

- Inexorable, oui, dit l'évêque. Que pensez-vous de Marat battant des mains à la guillotine?

 

- Que pensez-vous de Bossuet chantant le Te Deum sur les dragonnades?

La réponse était dure, mais elle allait au but avec la rigidité d'une pointe d'acier. L'évêque en tressaillit; il ne lui vint aucune riposte, mais il était froissé de cette façon de nommer Bossuet. Les meilleurs esprits ont leurs fétiches, et parfois se sentent vaguement meurtris des manques de respect de la logique.

Le conventionnel commençait à haleter; l'asthme de l'agonie, qui se mêle aux derniers souffles, lui entrecoupait la voix; cependant il avait encore une parfaite lucidité d'âme dans les yeux. Il continua - Disons encore quelques mots çà et là, je veux bien. En dehors de la révolution qui, prise dans son ensemble, est une immense affirmation humaine, 93, hélas! est une réplique. Vous le trouvez inexorable, mais toute la monarchie, monsieur? Carrier est un bandit; mais quel nom donnez-vous à Montrevel? Fouquier-Tinville est un gueux, mais quel est votre avis sur Lamoignon-Bâville? Maillard est affreux, mais Saulx-Tavannes, s'il vous plaît? Le père Duchêne est féroce, mais quelle épithète m'accorderez-vous pour le père Letellier? Jourdan-Coupe-Tête est un monstre, mais moindre que M. le marquis de Louvois. Monsieur, monsieur, je plains Marie-Antoinette, archiduchesse et reine, mais je plains aussi cette pauvre femme huguenote qui, en 1685, sous Louis le Grand, monsieur, allaitant son enfant, fut liée, nue jusqu'à la ceinture, à un poteau, l'enfant tenu à distance; le sein se gonflait de lait et le coeur d'angoisse le petit, affamé et pâle, voyait ce sein, agonisait et criait et le bourreau disait à la femme, mère et nourrice: Abjure! lui donnant à choisir entre la mort de son enfant et la mort de sa conscience. Que dites-vous de ce supplice de Tantale accommodé à une mère? Monsieur, retenez bien ceci: la révolution française a eu ses raisons. Sa colère sera absoute par l'avenir. Son résultat, c'est le monde meilleur. De ses coups les plus terribles, il sort une caresse pour le genre humain. J'abrège. Je m'arrête, j'ai trop beau jeu. D'ailleurs je me meurs.

Et, cessant de regarder l'évêque, le conventionnel acheva sa pensée en ces quelques mots tranquilles:

- Oui, les brutalités du progrès s'appellent révolutions. Quand elles sont finies, on reconnaît ceci: que le genre humain a été rudoyé, mais qu'il a marché.

Le conventionnel ne se doutait pas qu'il venait d'emporter successivement l'un après l'autre tous les retranchements intérieurs de l'évêque. Il en restait un pourtant, et de ce retranchement, suprême ressource de la résistance de monseigneur Bienvenu, sortit cette parole où reparut presque toute la rudesse du commencement :

- Le progrès doit croire en Dieu. Le bien ne peut pas avoir de serviteur impie. C'est un mauvais conducteur du genre humain que celui qui est athée.

 

Le vieux représentant du peuple ne répondit pas. Il eut un tremblement. Il regarda le ciel, et une larme germa lentement dans ce regard. Quand la paupière fut pleine, la larme coula le long de sa joue livide, et il dit presque en bégayant, bas et se parlant à lui-même, l'oeil perdu dans les profondeurs:

- O toi! ô idéal! toi seul existes!

L'évêque eut une sorte d'inexprimable commotion. Après un silence, le vieillard leva un doigt vers le ciel, et dit:

- L'infini est. Il est là. Si l'infini n'avait pas de moi, le moi serait sa borne; il ne serait pas infini; en d'autres termes, il ne serait pas. Or il est. Donc il a un moi. Ce moi de l'infini, c'est Dieu.

Le mourant avait prononcé ces dernières paroles d'une voix haute et avec le frémissement de l'extase, comme s'il voyait quelqu'un. Quand il eut parlé, ses yeux se fermèrent. L'effort l'avait épuisé. Il était évident qu'il venait de vivre en une minute les quelques heures qui lui restaient. Ce qu'il venait de dire l'avait approché de celui qui est dans la mort. L'instant suprême arrivait.

L'évêque le comprit, le moment pressait, c'était comme prêtre qu'il était venu; de l'extrême froideur, il était passé par degrés à l'émotion extrême; il regarda ces yeux fermés, il prit cette vieille main ridée et glacée, et se pencha vers le moribond:

- Cette heure est celle de Dieu. Ne trouvez-vous pas qu'il serait regrettable que nous nous fussions rencontrés en vain?

Le conventionnel rouvrit les yeux. Une gravité où il y avait de l'ombre S'empreignit sur son visage.

- Monsieur l'évêque, dit-il, avec une lenteur qui venait peut-être plus encore de la dignité de l'âme que de la défaillance des forces, j'ai passé ma vie dans la méditation, l'étude et la contemplation. J'avais soixante ans quand mon pays m'a appelé, et m'a ordonné de me mêler de ses affaires. J'ai obéi. Il y avait des abus, je les ai combattus; il y avait des tyrannies, je les ai détruites; il y avait des droits et des principes, je les ai proclamés et confessés. Le territoire était envahi, je l'ai défendu; la France était menacée, j'ai offert ma poitrine. Je n'étais pas riche; je suis pauvre. J'ai été l'un des maîtres de l'Etat, les caves du Trésor étaient encombrées d'espèces au point qu'on était forcé d'étançonner les murs, prêts à se fendre sous le poids de l'or et de l'argent, je dînais rue de l'Arbre-Sec à vingt-deux sous par tête. J'ai secouru les opprimés, j'ai soulagé les souffrants. J'ai déchiré la nappe de l'autel, c'est vrai; mais c'était pour panser les blessures de la patrie. J'ai toujours soutenu la marche en avant du genre humain vers la lumière, et j'ai résisté quelquefois au progrès sans pitié. J'ai, dans l'occasion, protégé mes propres adversaires, vous autres. Et il y a à Peteghem en Flandre, à l'endroit même où les rois mérovingiens avaient leur palais d'été, un couvent d'urbanistes, l'abbaye de Sainte-Claire en Beaulieu, que j'ai sauvé en 1793. J'ai fait mon devoir selon mes forces, et le bien que j'ai pu. Après quoi j'ai été chassé, traqué, poursuivi, persécuté, noirci, raillé, conspué, maudit, proscrit. Depuis bien des années déjà, avec mes cheveux blancs, je sens que beaucoup de gens se croient sur moi le droit de mépris, j'ai pour la pauvre foule ignorante visage de damné, et j'accepte, ne haïssant personne, l'isolement de la haine. Maintenant, j'ai quatre-vingt-six ans; je vais mourir. Qu'est-ce que vous venez me demander?

- Votre bénédiction, dit l'évêque.

Et il s'agenouilla.

Quand l'évêque releva la tête, la face du conventionnel était devenue auguste. Il venait d'expirer.

 (…) Extrait


Fleurs et plantes d'août

sur les bords des chemins...

 

La vipérine, au pistil fourchu comme la langue de vipère, entouré de lourdes étamines

 

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La mauve

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le chardon bleu

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Par Barb' - Publié dans : géographie visuelle
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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 08:55

NON

à La dictature des marchés, via les agences de notation!

répu march financ

dette-effacer.jpg

 

GRECE, ESPAGNE, ITALIE, PORTUGAL, Angleterre, FRANCE, ALLEMAGNE!....

grèce 10 02 2010

PAYER LA DETTE?

NON!

 

UN MORATOIRE?

NON!

 

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LA DETTE N'EST PAS CELLE DES PEUPLES!

 

DELETE LA DETTE!

Par Barb' - Publié dans : Défense des communes, des cantons et départements
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Vendredi 29 juillet 2011 5 29 /07 /Juil /2011 17:06

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  LA SAUTERELLE

Jules Renard Histoires naturelles -Librio

Serait-ce le gendarme des insectes?

Tout le jour, elle saute et s'acharne aux trousses d'invisibles braconniers qu'elle n'attrape jamais.

Les plus hautes herbes ne l'arrêtent pas.

Rien ne lui fait peur, car elle a des bottes de sept lieues, un cou de taureau, le front génial, le ventre d'une carène, des ailes en celloloïd, des cornes diaboliques et un grand sabre au derrière.(...)

 

magicienne-dentelee-lure.jpg

 

2sauterelles.jpg

Hé, les tournesols!


...on se tourne vers moi, pour la photo!

 

...un sourire!

 

... et voilà, dans la boîte!

 

tournesols-1.jpg

tournesols 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dis-donc, toi,


le photographe!

 

Oui, toi!


Tu te prends

 

pour le Soleil,

 

pour nous donner

 

des ordres

 

comme ça!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Barb' - Publié dans : MUSIMAGE
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Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 18:55

We only said goodbye with words

I died a hundred times

You go back to her

And I go back to black

Amy Winehouse

 

Ciao  l'amie AMY!

<><>><<><>

"Les chants les plus tristes sont les chants les plus beaux écrivait Musset!"

Il suffit!

La liste est trop longue des artistes morts trop jeunes,

Maudits?

Allons!...

Il suffit!

Comme si c'était la caution nécessaire et suffisante

pour valider une postérité de créateur!

Mendelsohn, Mahler, etc... ne se croyaient pas de vrais créateurs

car ils n'avaient pas assez souffert, pensaient-ils?

Il suffit!

 

Son clip "Back to black", où elle enterre son propre coeur...

Par Barb' - Publié dans : coup de g...!
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 20:17

Les décroissants vert-pomme, de gris, bouteille ou non, thuriféraires d'Yvan Ilich (ils n'achètent jamais de croissant à la boulangerie! Ouaih, c'est facile, ils vantent les vertus économiques et écologiques des bidonvilles), ces (néo)malthusiens, catastrophistes de service, bien intentionnés, vous assènent des "vérités" du genre," y'a trop de monde sur terre", "on ne pourra pas nourrir tout le monde", "l'eau, l'énergie vont manquer ", "il faut limiter les naissances", la biodiversité va disparaître à cause du prédateur homme (complexe de Noé)...etc.

Nous serions sur un grand bateau en train de couler! Et surtout Il faudrait arrêter de revendiquer séance tenante, au nom de l'intérêt général!

Mais leurs prêches visent à cacher que sur ce bateau la majorité rame pendant que la minorité se dore la pilule sur le pont!

Cette minorité, c'est celle qui fait la loi (des marchés), spécule, ferme les usines, vire les paysans de leurs terres, affame les peuples, met les nations en faillite, fomente guerres et génocides sous tout drapeau (ethnique, religieux, ingérence humanitaire...), pille, saccage et pollue la planète.

Il y aurait une fatalité, un péché originel de l'homme et un seul remède: la décroissance!

Heureux les décroissants, heureux les (néo)malthusiens, le royaume de Gaia leur appartient....

 

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Terre !


Meillassoux Claude , directeur de recherche au CNRS

Prolétaire : celui qui, à Rome , n’avait pas d’autre richesse que sa progéniture. Comme son nom l’indique , il est prolifique.

«Depuis Condorcet, les démographes ont observé que la croissance démographique est plus faible, parfois même négative, dans les sociétés où les conditions d’entretien et de reproduction physique des individus son les meilleures et où les conditions matérielles d’avenir sont les mieux assurées. Or, les politiques d’ajustement structurel imposées quasi uniformément par les institutions financières internationales vont dans un sens rigoureusement contraire. Elles imposent au premier chef de sévères mesures restrictives sur tout ce qui contribue à l’entretien de la vie et au progrès : suppression des subventions aux produits alimentaires, maintien des bas salaires, réduction drastique des dépenses publiques de santé, d’assistance sociale et même d’éducation. »


Une claire mise en accusation du FMI, de la Banque mondiale et aujourd'hui, des institutions de l'UE et de la Banque européenne!

 

Pas de fatalité!

 Mais malthusien n'a pas d'oreille!

Par Barb' - Publié dans : écho du logis
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Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 15:10

Sur les pas de Dardanus, début du Ve siècle

Les utopies, ce n'est pas ce qui manque le plus: Platon et sa "République", un peu trop aristoratique et confite dans l'esclavage antique; Campanella et sa "Cité du Soleil", tout aussi étouffante; Rabelais et son Abbaye de Thélème où était de mise la règle: "Fais ce que voudra" (Gargantua LVII); l'Utopie de Thomas More, plaidoyer pour la tolérance religieuse, l'égalité, le droit à l'éducation égal pour les filles et les garçons, pour la haine de la guerre en dehors de la défense des limites du royaume...

Avec Dardanus, on n'a que "La pierre écrite" laissée entre Sisteron et St Geniez...

 

Sortie nord de Sisteron, au rond-point, prendre La Baume en traversant la Durance,  puis prendre la route de St Geniez, qui grimpe en serpentant  sur le flanc gauche du plissement extraordinaire de la Baume.

Le rocher de la Baume, aboutissement 'un gigantesque plissement.

P8230001

 

Lure-vue-de-la-baume-sisteron-annote.jpg

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Au nord, vers Monteglin, Grenoble, Gap...

lure-vue-de-la-route-vers-st-geniez.jpg

Vue de Lure et du Sumiou depuis  la route vers St Geniez, Sisteron n'est plus visible

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Ah, la voilà enfin la fameuse "Pierre Ecrite" du fonctionnaire romain Dardanus!

Un larmier, petit toit, aménagé au-dessus la protège des intempéries.

 

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Ce ne sont pas des coeurs à l'envers, mais des feuilles de lierre qui servent de signes de ponctuation.

"Beaucoup de mots sont abrégés selon l'usage de ce temps"

ecrit dardanus 0

J'en perds mon latin! Heureusement des savants ont travaillé pour nous!

 

Récits d'Histoire Locale - Département des Basses Alpes-1954

dardanus-ecrits.jpg

(suite)

montagne de chaque côté, ont procuré un chemin viable au locus dont le nom est Théopolis, locus qu'ils ont fortifié par des murs et des portes( ...)

 

Et Giono dans Légendes de la Haute-Provence:

"Près du village de St Geniez-de-Dromont est une pierre qu'on appelle Pierre Ecrite. Voilà ce qu'elle dit en belles lettres onciales: "Moi, Dardanus, préfet de César, gorgé de gloire et d'honneurs, ayant rejeté le fardeau du pouvoir, je mesuis retiré dans ces montagnes avec Galba, honnête femme, pour y vivre désormais dans la paix des troupeaux."

 

Etrangeté du paysage découpé à la tronçonneuse et au rabot du temps

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Vallée du Vançon

Sur le bord de route, le rêve de l'amateur de paysage (géographie, géologie etc.)

 

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Montagne de Mélan 1708m

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Geruen 1880m au fond,

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Les Monges (2147m)à l'arrière plan

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  Récapitulons avant de changer de vallée:

De la cluse de Chardavon (St Geniez, Authon)à la vallée des Duyes (Thoard),

vue du Sommet de Lure (1827m).

Les Monges avec plus de 2000m dominent l'ensemble

chardavon-duyes-vue-de-lure--annote.jpg

Dans le sens des aiguilles d'une montre:

Au premier plan le Sumiou (vallée du Jabron)

Sisteron-plissement de la Baume,

Cluse de Chardavon (St Geniez-Authon),

Les Monges,

Vallée des Duyes (Thoard)

 



A SUIVRE


Par Barb' - Publié dans : géographie visuelle
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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 16:14

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Bien sûr, c'est beau un loup, l'ancêtre de nos chiens...

     Comme d'habitude, le manque de connaissances scientifiques et d'informations, tout au moins leur rétention au niveau du public, ouvre la porte à toutes les conjectures.

  La lubie réintroductrice et protectrice à tout prix des espèces, dogmatique et eschatologique (le complexe de Noé?) initiée par quelques "illuminés" à Bruxelles s'y engouffre. Ils appellent cela "développement durable", encore un bel oxymore! Et tant pis pour les premiers concernés, les bergers et éleveurs!  

 

Pourtant, ce sont bien tous ces métiers de montagne qui entretiennent les paysages, les sécurisent, les rendent  accessibles aux randonneurs et aux touristes admiratifs, en plus d'exploiter les richesses de la terre et des forêts.

  

En dehors de la peur et de la sensiblerie dégoulinante pour petits enfants, le témoignage d'un berger:

"Avant, on n'avait pas de problème avec le loup: un coup de fusil et il ne se montrait plus pour un bout de temps."

  moutons lure ouest 2

Par Barb' - Publié dans : Politiquement incorrecte
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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 08:47

 

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  Je l'ai pris pour le "damier provençal", mais j'en doute.

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  Lui, c'est l'apollon!, il se la pète un peu, n'est-ce pas!

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Par Barb' - Publié dans : faune et flore
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 20:17

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DEFENSE DE JETER SA BOUTEILLE A LA MER! (Arrêté de 2000)

  Assurez-vous d'y avoir glissé votre message!(Arrêté de 2002)

INTERDICTION FORMELLE DE JETER SA BOUTEILLE A LA MER,

sous peine de peines exemplaires (Oukase de 2004)

Vérifiez la qualité du bouchon (Arrêté de 2007)

Evitez le bris de verre (Arrêté de 2011)

L'île

 

Le nombre de messages embouteillés et jetés à la mer s'accroissait de jour en jour.

Les magnifiques baies se comblaient de semaines en semaines, de mois en mois, d'années en années.

Les activités de pêche, de baignade et de plaisance avaient progressivement cessé.

Le petit port, la jetée et les plages n'avaient plus figure pélagique.

La mer reculait devant l'accumulation de bouteilles bouchées hermétiquement sur leurs petits messages griffonnés dans l'urgence au crayon de mine graphite, calligraphiés à la plume sergent major, au kalam de roseau d'Arabie, au pinceau chinois ou japonais à soies de porc, ou encore tapés sur  d'anciennes machines à écrire à ruban ou sur de modernes claviers d'ordinateur.

D'une île primitive rose et dorée  il advint un continent vert-bouteille.

Les autorités avaient depuis longtemps renoncé à interdire les jets de bouteille à la mer.

Bien plus, elles adaptaient régulièrement leurs recommandations réglementaires à l'évolution de cette pratique.

Par ailleurs, les lieux étaient parfaitement propres, sans pollution organique aucune.

 

Chose peu banale, personne encore n'avait entrepris de comprendre ce qui provoquait ce geste répété des milliers et milliers de fois sur l'ïle : écrire un message, l'enrouler délicatement, le nouer parfois d'un petit ruban, le glisser dans une bouteille bien propre, fermer la bouteille avec le meilleur bouchon de liège, bien que le bouchon de plastique soit apparu récemment. Ensuite, lancer le tout d'un geste sûr et sans regret dans la mer, attendant fébrilement le "plouf" de contact, garantie qu'aucun bris de verre ne se soit produit.

 

Une brève dictature écologiste avait tenté d'enrayer cette pratique qualifiée de "criminelle pour la planète". 

 Divine surprise, ce quarteron d'autocrates "verts" avait profité de l'abstention majoritaire aux élections locales pour imposer son idéologie. Condamnations accompagnées d'amendes élevées, de fustigations  et d'autocritiques publiques obligatoires pour les contrevenants pleuvaient.

Taxes et surtaxes plombaient le revenu des habitants de l'île, au motif qu'il fallait déblayer scientifiquement plages, rochers et jetées.

Mais en vain. Nos piteux "Hans Jonas" durent quitter l'île, ayant échoué à endiguer la volonté irrépressible d'un peuple s'obstinant à jeter ses opinions à la mer, bravant menaces, condamnations,  pogroms et autre opprobre publique...

Un avocat d'une île voisine démontra que l'environnement n'était nullement menacé par le geste de ces îliens injustement stigmatisés.

 

Chose remarquable s'il en est, il ne s'était encore trouvé personne pour tenter d'éclaircir les motivations profondes de ce geste individuel de masse.

 

Un jour, pourtant, un congrès mondial de psychanalystes se tint sur l'île.

Cette assemblée de doctes praticiens et chercheurs en "âme" plancha une semaine sur la question et rendit ses conclusions devant la presse et les télévisions du monde entier.

 

Le lacanien (partisan des thèses de Lacan) prit la parole le premier:

"C'est le "verre-be"!...(silence calculé)

Puis péremptoirement:

Oui, au commencement était le Ver-be, c'est le verre-be qui préside à cette explosion verre-bale de l'île! Cette logorhée verre-bale n'a dautre origine...

 

Le junguien (partisan des thèses de Jung) lui coupa la parole:

"L'écriture véhiculée par le contenant... le mana de la bouteille, c'est l'amphore antique!

Telle est la source archétypique à laquelle puise la population de l'île.

Ceci existait chez les premiers Egyptiens, je m'explique: Des chats enfermés dans des amphores elles-mêmes enterrées, servaient de viatique, d'intermédiaire, d'ambassadeur aux défunts pour rejoindre en bonne et due forme l'au-delà...D'ailleurs, le nombre de chats au km2 présents sur l'île est un indice plus que révélateur..."

 

L'adlérien (partisan des thèses d'Adler) estima devoir placer sa version à ce moment:

Les îliens, cher collègue, c'est bien connu, ont toujours eu un sentiment d'infériorité par rapport aux continentaux. La colonisation est passée par là et est restée inscrite dans leur psychisme. Le rapport maître-esclave est le cocktail explosif qui trouve un exutoire dans ce jet de bouteilles symbolique, le message étant parfaitement secondaire... Les démocrates chinois sur la place Tian an men, à Pékin, en 1989, ne cassaient-ils pas des petites bouteilles symbolisant l'oppresseur Dend Xiao Ping, Xiao Ping signifiant "petite bouteille en mandarin...

 

Les journalistes retransmettaient fébrilement ces discours savants dans le monde entier.

Quand la version du freudien (partisan des thèses de Freud) fut réclamée.

Mais où était passé le psychanalyste?

Attablé à la terrasse d'un café, il sirotait une limonade en compagnie d'une ravissante jeune femme, habitante de l'île depuis ses vingts premiers printemps.

Projecteurs, micros, caméras se braquèrent sur le savant qui ayant refermé son calepin rendit ses conclusions:

"L'écoute d'un nombre représentatif des habitants de l'île, depuis une semaine, o combien insuffisante, je le conçois, m'a convaincu que la bouteille et son message intérieur préservent ces îliens d'une terrible névrose.

Aussi, je suggère qu'on les laisse poursuivre cette action tant que bouteille et message associés entretiennent l'illusion salvatrice de l'existence d'un espoir, d'une espérance par ce geste, nous verrons en approfondissant nos investigations comment remédier à ce geste compulsif et collectif, le but étant de libérer cette population qui par ailleurs ne semble pas plus que ça mal en point psychiquement, bien au contraire..." 

Pendant ce temps, une caméra avait enregistré et diffusé dans le monde entier la scène qui se déroulait à deux pas de là: la jeune femme avait déjà chargé pas moins de trois cabas avec les bouteilles vides laissées par l'assistance sur les tables du café et commencé à rédiger de petits messages avec un stylo-bille emprunté au psychanalyste freudien, sur les feuilles vierges de son docte calepin qu'elle arrachait, une à une, consciencieusement. Ceci calmement mais avec alacrité.

 

Les religions en perte d'ouailles et d'adeptes dans le monde entier n'avaient rien perdu de l'affaire. Si la science, la raison et surtout les médias s'en mêlaient, il fallait absolument récupérer quelques miettes de l'irrationalité ainsi révélée sur l'île.

Car là où il n'y a plus la science, il ne peut y avoir que croyances, superstitions et religions.

Des missionnaires débarquèrent donc ou furent  héliportés de toute urgence sur l'ïle.

 

Et là, la conjonction de deux incidents fit peut-être  avancer la solution à l'énigme sinon à notre histoire qui n'aura peu-être ni suite ni chute.

 

Alors que la jeune femme jetait ses bouteilles dûment missionnées et bouchonnées d'un geste quasi suspendu, comme dans un beau ralenti de cinéma, un cri retentit deux mètres en dessous:

-Aïe!

La jeune femme, interdite, s'approcha, se pencha et découvrit un jeune homme qui  tenait une des bouteilles d'une main et se tenait le front de l'autre, étourdi et grommelant.

 

Elle descendit, le saisit par le bras et l'aida à rejoindre le promontoire. Il allait s'évanouir, alors, elle le retint sur son épaule et de là l'emmena au café de tout à l'heure, déserté maintenant, le fit asseoir et commanda   pommade à l'arnica  et   remontant hautement alcoolisé, pour soulager la petite bosse qui commençait à gonfler au dessus de l'arcade sourcilière du jeune homme.

-Heureusement, la bouteille était petite et mon geste plein de retenue, sinon, vous étiez bel et bien assommé, mon pauvre monsieur! dit-elle en tartinant la pommade sur le front du garçon qui reprenait ses esprit et demanda qu'on lui resserve une rasade de ce délicieux élexir.

 

C'est alors que survint le deuxième incident: un hélicoptère venait de déverser, entre le promontoire et le bistrot, sa cargaison de missionnaires en uniformes gris.

L'un d'eux, arrogant, s'en prit sans crier gare à la jeune femme:

-Laissez ce jeune homme, impie!

-Mêlez-vous de ce qui vous regarde, lui répondit-elle du tac au tac.

-Et vous, jeune homme, ne cédez pas à la tentation, elle vous fait boire avant de vous faire chuter! ajouta le prédicateur.

-Bon sang, Monsieur, elle a raison, mêlez-vous de vos affaires, vous ne voyez pas que je suis blessé et que cette femme me soigne! répliqua indigné le garçon.

Le missionnaire s'éloigna en maugréant et en se signant.

-Pourquoi sont-ils comme ça? demanda la jeune femme qui n'attendait aucune réponse à sa question.

-Les pères de l'Eglise sont jaloux des femmes.

-Jaloux des femmes? reprit incrédule la jeune femme.

-Oui, jaloux des femmes...de la femme. Car dieu a créé, selon eux... Mais il a cessé de créer. La femme, elle, continue à créer. De plus, de nos jours et dans les pays les plus éclairés, elle crée, si elle veut et quand elle veut.

-C'est pas faux ce que vous dites. Je ne l'avais jamais entendu dire auparavant, dit-elle avec contentement. Vous allez mieux, ça se voit, c'est l'essentiel.

 

-Merci, il est très bon ce remontant...

-N'en abusez pas sinon, je serai obligée de vous porter et je ne suis pas si forte que j'en ai l'air...où habitez-vous au fait? D'où venez-vous? du petit voilier en dessous?

-Absolument! ...Pardon, je fais les présentations, je m'appelle Rimbo, Rimbo Delaere.

-Rimbaud? Delaere? répéta-t-elle en fronçant les sourcils... Rimbaud, Baudelaire? Vous me faites marcher? Ils sont dans ma petite bibliothèque... je les lis souvent, ces deux poètes...

-C'est curieux, mais c'est ainsi et je ne vous fais pas marcher, je vous assure.

Mais le soleil commençait à disparaître sur l'horizon plat de la mer étale, la faisant rougeoyer merveilleusement.

Tous deux sans un mot restèrent ébahis devant ce coucher de soleil sur l'île aux bouteilles, c'est comme ça qu'on la nommait dorénavant de par le monde.

 

Le bistrot ferma. Mais ils restèrent attablés et parlèrent toute la nuit.

 

Elle lui raconta la vie sur l’île.

Pour le courrier, seules les mouettes assuraient la messagerie entre l’île et le continent.
Les pigeons quant à eux reliaient les îliens entre eux.

«Elle :

 -Pas de timbres, pas de frais d’envoi me direz-vous.

Mais une mouette ou un pigeon, c’est quand même moins fiable qu’un préposé des postes et télécommunication comme on en avait avant. Et ça ne prête pas serment d’assurer sa mission au service du public…

Lui :

-Mais avant quoi ?

Elle :

-Avant on avait un hôpital et une maternité. Un médecin par village.

Lui :

-Et maintenant ?

Elle :

-Un jour, des experts sont venus du continent et ont dit à la population que ce n’était pas rentable.

Alors, ils ont agrandi l’hôpital qui est devenu un immense building, un complexe médical ultra-moderne, avec hélicoptères, médecins éminents du monde entier.

Lui :

-Ah, ça, c’est bien quand même !

Elle :

-Non, ce n’est pas bien, car c’était réservé uniquement aux gens fortunés de la planète.

Nous ne devions plus nous contenter que d’un minuscule dispensaire ouvert une fois par semaine, sans matériel…encore moins qu’avant.

Ce super hôpital sert de vitrine au monde entier, mais nous en sommes exclus.

Lui :

-Mais avant quoi ?

Elle :

-Un jour, des agents immobiliers ont investi l’île. Ils vendaient des terrains et de maisons à construire à des prix absolument bas.

Evidemment, la majorité des habitants a acheté le rêve à si bon marché.

Lui :

-Où se trouvaient ces terrains ? Sur l’île.

Elle :

-Non…

Lui :

-Sur le continent ?

Elle :

-Non plus…

Lui :

-Mais alors il n’y avait pas de terrain ?

Elle :

-Si, mais vous n’allez pas me croire… Ces terrains sont situés sur la Lune et sur Mars…

Lui :

-Quoi ?Impensable ! Mais c’est une escroquerie manifeste ! Vous avez porté cela en justice ?

Elle :

-Oui, mais sans effet, car la vente de terrains sur la Lune et sur Mars est légale.

Lui :

-Vous avez des titres de propriété ?

Elle :

-Oui, mais pas les moyens de s’y rendre pour vérifier…

Lui :

-Ce serait comique si cela n’était qu’une blague. Mais alors ?…

Elle :

-Alors,  quand il a fallu payer, les familles ont dû  hypothéquer leur maison pour payer leur paradis inaccessible. Puis, ruinées,  elles ont été expulsées une à une de leurs maison.

Et puis l’Etat a commencé à  abandonner l’île, emportant avec lui l’école, la poste, le téléphone, l’électricité, l’hôpital, tout  etc. etc.

Lui :

-C’est pour cela que les enfants sont toujours en vacance. Les mouettes, les pigeons, il y en a partout. Ils déposent des lettres et avec, leurs déjections sur ma coque de noix. De plus, ces courriers ne me sont pas adressés. Tenez, je les rapportais à la poste justement pour rectifier ces erreurs.

 


                                                                 A SUIVRE

Par Barb' - Publié dans : NOUVELLE
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