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Fontaine de Vaucluse (84) a plus d'une corde à son Pétrarque

 

Guide touristique avant la lettre, Pétrarque indique à son ami le chemin fluvial à emprunter pour se rendre de Rome à Fontaine de Vaucluse et fournit une description du lieu atteint donnant envie de s'y rendre...


pétrarque"Lettre à Giovanni Colonna, lettre de consolation, à propos de certaines difficultés de la vie


 Tu te feras porter par tes serviteurs jusqu'à l'Anio qui longe les murailles de Tibur: là, on t'installera sur une petite embarcation et  tu des­cendras la rivière dans le sens du courant jusqu'à ce que tu rencontres le Tibre sur ta droite. Ensuite, sur ce fleuve déjà plus large, tu traverseras la ville de Rome et tu rejoindras la mer; puis, toujours sur ta droite, mais cette fois sur un bateau plus fiable, tu suivras la côte sinueuse de la mer Tyr­rhénienne. Quand tu auras laissé Marseille loin derrière toi, tu tourneras encore à droite: on te fera monter sur un bateau fluvial qui te mènera de l'embouchure du Rhône à la vieille ville d'Arles, avec ses marécages et son plat pays cail­louteux, puis assez vite à la sinistre Avignon, jadis nommée Avennio, juchée sur un rocher aride, là où maintenant, le Souverain Pontife de l’Eglise Romaine, après avoir abandonné le Siège qui lui est propre, s'efforce, selon moi contre la volonté de la Nature, de créer la capitale du monde, oubliant le Latran et Silvestre. De là, toujours à contre-courant, tu remonteras le fleuve sur une distance d'au moins trois mille pas et tu rencon­treras sur ta droite une rivière aux reflets argentés. Là, il faudra bifurquer: c'est la Sorgue, la plus paisible des rivières. Tu la remonteras sur une dis­tance de quinze mille pas environ et tu verras une fontaine sans pareille d'où sort ce cours d'eau si limpide et, surplombant ces jaillissements, un rocher si élevé que l'on ne peut ni ne doit aller plus loin. Et comme tout ce qui est à droite est aussi de bon augure, c'est là qu'enfin tu te feras déposer et à ta droite, tu me verras.

Où, loin de l'Italie, pourrais-je vivre plus pai­siblement? Tu me verras satisfait de mes jardins, petits mais ombragés, et de mon logis peu spa­cieux mais que la venue d'un si grand hôte peur rendre encore plus petit. Tu verras que celui dont tu regrettes l'absence jouit d'une excellente santé, ne manque de rien et n'attend pas grand-chose des mains de la fortune; tu le verras errer, seul, du matin au soir, à travers prés et montagnes, de source en source, hôte des forêts, hôte des champs; fuir toute trace de pas humains, rechercher les lieux difficiles d'accès, apprécier l'ombre, se plaire dans les grottes humides et les prairies verdoyan­tes, maudire l'incurable Curie, éviter le tapage des villes, rester éloigné du seuil des arrogants, se moquer des passions du vulgaire, se tenir à égale distance de l'allégresse et de la morosité; disposer librement de journées entières et de nuits entières, se glorifier de partager la vie des Muses, du chant des oiseaux et du murmure des Nymphes, avec peu de serviteurs mais de nombreux livres pour compagnons; tantôt rester chez lui, tantôt mar­cher, tantôt s'arrêter, tantôt s'allonger sur une rive plaintive ou dans l'herbe tendre pour reposer sa tête et son corps; et, ce qui n'est pas le moindre des soulagements, ne se faire aborder que très rare­ment par un intrus qui lui racontera peut-être le millième de ses soucis; tu le verras aussi tantôt garder le silence sans faiblir et sans lever les yeux, tantôt se parler longuement à lui-même, enfin ne faire aucun cas de tout ce qui est mortel, à com­mencer par lui-même. Mais voici, mon Père, qu'en t'invitant, j'ai la sensation de t'avoir épargné la fatigue du voyage: si tu lis ces lignes et que tu prêtes foi à mes propos, tu me vois bien assez! Je te dis tout de même adieu: en croyant converser avec toi, j'ai oublié que j'écrivais une lettre.

 

Écrit à la fontaine de la Sorgue, le 30 mai 1342"

 

Pétrarque –Séjour à Vaucluse Rivages poche/ Petite Bibliothèque  Payot

Traduit du latin par Colette LAZAM

 

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Dans cette vallée close

 

 

 

Fuyant les plaisirs du siècle

 

François Pétrarque

Vint abriter sa méditation

Et l'automne de l'année 1337

Fidèle au culte de Laure

Et à l'étude de l'Antiquité

Nul lieu ne fut plus cher à son oeuvre

Ni plus propice à sa gloire

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La ville de Vaucluse

à son poète

août 1957 


 

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La fabrique de papier qui tire son énergie d'un moulin à eau

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Lire aussi:

"Entre Lure et Fontaine de Vaucluse, l'Acheron

(nouvelle en 3 parties)

sur:

http://un-alien-en-provence.over-blog.com/article-entre-lure-et-fontaine-de-vaucluse-l-acheron-nouvelle--42910671.html

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