Partager l'article ! Le soleil de Vincent & "un deal avec"...: "Ceux qui ne croient pas ici au soleil sont de vrais infidèles." ...
"Ceux qui ne croient pas ici au soleil sont de vrais infidèles."
(lettre à son frère Théo, août
1888)
"un soleil, une lumière que, faute de mieux, je ne peux appeler que jaune, jaune soufre pâle, citron pâle,
or"
Les 15 mois de Van Gogh à Arles donnèrent 200 toiles sans compter les nombreux dessins.
"Dans le Midi, les sens s'aiguisent, la main devient plus agile, l'oeil plus alerte, le cerveau plus
clair." écrit-il à son ami Emile
Bernard
"Hier, j'étais au soleil
couchant dans une bruyère pierreuse où croissent des chênes très petits et tordus, dans le fond une ruine sur la colline, et dans le
vallon, du blé. C'était romantique, on ne peut davantage, à la Monticeli, le soleil versait des rayons très jaunes sur les buissons et le
terrain, absolument une pluie d'or.(...)"
Un deal avec …
(ulra-courte nouvelle d Barb')
Un jeune poète nommé Epicrèce (en l’honneur d’Epicure et de Lucrèce réunis sans doute) déclamait ainsi le cou tendu vers le ciel d’hiver :
« Je te le demande, accepte ma proposition. Ce n’est point un marché de dupe et tu auras ton comptant… »
A deux pas d’ici, on l’entendait et on l’écoutait.
-A qui parle-t-il cet Epicrèce ?
-Il est en train de vendre ses amandiers ou ses oliviers ? Mais à qui donc ? Ils me les avait pourtant promis le bougre !
-Non, il échange sa maison.
-Sa cabane ?
-Bon sang, mais est-il à ce point dans le besoin qu’il doive monnayer ses hardes?
-L’autre a l’air bien dur en affaires. Il va se faire plumer comme un coq le candide !
-Il a une amande à payer pour tapage nocturne, c’est sûr. Moi, il me réveille chaque matin avant le coq, avec des cris et des plaintes, des envolées rimées !
-Moi, le soir je ne m’en plains jamais! Ses alexandrins me plongent dans les bras de Morphée plus sûrement que toutes les tisanes d’apothicaires et de sorcières réunies.
-Il a certainement quelques dettes à éponger auprès d’un éditeur véreux.
-A-t-il déjà publié ? Allons !
-Si vous ne vous taisez pas on n’en saura pas plus…
Et tous de tendre l’oreille à se décoller le pavillon pour n’en point manquer une parole.
Les yeux au ciel, Epicrèce poursuivait son discours de longue haleine:
…Je t’en prie ne rate pas cette occasion. Tu en aurais un regret éternel. Vois comme je suis sincère.
Je sais combien je te dois, moi, mais aussi tout ce qui vit, mange et respire dans ce monde sublunaire…
-Ma parole, il est devenu dévot, l’Epicrèce ?
-Quel dieu prie-t-il, lui qui blasphème à faire bleuir les bigotes?
-Une conversion soudaine cela s’est déjà vu, vous savez.
-Faut en parler au prêtre, lui qui se plaint de manquer d’ouailles.
-Chut! C’est une demande en mariage!
-Non ?…
Et tous de tendre leurs tympans à la limite du déchirement…
Epicrèce :
…Veux-tu que j’aille chercher un magistrat qui formalisera mon engagement sous les auspices de la loi ?
Notre destinée est commune, nos chemins se recoupent, en rond comme les saisons. Marions nos atouts, moi mon admiration, toi ta lumineuse présence, tes bienfaits incomparables.
-Lui, est amoureux. Mais elle, c’est la dote qu’elle marchande.
-Elle a la dent dure n’est-ce pas.
-L’amour rend aveugle et plume les pigeons.
Attendez! On va tout savoir…
Epicrèce toujours aussi lyrique, toujours aussi enjoué.
« Alors, Soleil, si tu continues de nous éclairer, de nous réchauffer, de réjouir nos prunelles. Si tu permets à nos arbres en été de nous fournir l’ombre propice, si tu réchauffes les os de nos vieillards à l’automne de leur longue vie. Si tu dores la peau de ma bien-aimée, telle une princesse orientale, si… , si….
Quant à moi en échange, je t’offre mes poèmes quotidiens à ta louange, en vers, en prose, tant que je vivrai. Rien ne pourra éteindre ma voix, sauf la mort elle-même. Nul ne le fera mieux que moi… Alors ? Marché conclu ?… »
Un silence s’ensuivit.
Les témoins de cet incroyable marché conclu à l’issu d’un plaidoyer aussi époustouflant, entendirent le plus sage d’entre eux leur souffler :
« Mes amis, nous avons dépassé les limites de la l’indiscrétion, je vous propose donc de quitter ces lieux et de retourner à nos occupations habituelles. Laissons là notre valeureux Epicrèce. Un deal avec le soleil…Je vous le dis, Epicrèce, notre ami, ne démérite et ne nous déçoit point.
barb'
lettre à son frère Théo
VOIR AUSSI: les soleils de Vincent sur : http://0z.fr/fmDe2