
Oliviers par mistral, Montagne de Lure janvier 08
« Un, trois, six, neuf …et fait ce
qu’il veut. »
codification proverbiale qui rend compte de la durée du mistral dès qu’il sévit.
Et Giono : « Si j’avais un conseil à vous donner, ce serait de voir le pays par mauvais temps , c’est à dire le trois ou
quatrième jour d’un mistral d’hiver qui a encore cinq à six jours à courir. Rien n’est plus bleu que le ciel. Si on veut de l’azur, voilà le vrai. C’est loin
d’être une couleur de tout repos comme on l’imagine. L’air est si pur qu’il est devant les yeux comme une loupe. On voit le détail complet des horizons. Telle montagne qui, en temps ordinaire,
apparaît à peine comme un liseré bleu s’est rapprochée à vous toucher avec ses forêts dont on distingue toutes les branches, ses villages dont on voit briller les toits. Tous les bruits qui
venaient du sud sont emportés ; non seulement le ciel gronde comme la mer, mais ce grondement apporte tous les bruits qui se font dans le nord. On entend sonner l’angélus à des clochers qui
sont cachés dans les bois à vingt kilomètres d’ici. Plus de cheminées. "