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"Sous-marin" (vraie fiction) et “On the sunny side of the street”.

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Cette composition du jazzman Boris Vian si je ne m’abuse prend une signification bien réelle ici.

Autrefois, je me figurais les rues de New York entourées de gratte-ciel ne permettant au soleil de les éclairer plus que le temps strict de son passage astronomique à la verticale, chaque côté de la rue à son tour.

Ici, la différence entre l’ombre et la lumière est si tranchée qu’à califourchon sur la ligne de leur démarcation, un côté chauffe et l’autre reste froid. Les cosmonautes dans leur navette sont paraît-il soumis au centuple à ce phénomène : fournaise côté  soleil, gel côté opposé.

Enrhumé d’un côté seulement…sauf si je change de rue pour rester exposé au soleil.

Que dire alors des rues qui ne voient jamais les rayons du soleil !…

 

Et Giono:

"La haine du soleil est générale. Si on sort, c'est emmitouflé comme un Arabe. Les femmes s'enveloppent la tête et jusqu'au bas des reins dans de longs voiles noirs. Les hommes gardent le bonnet sous le chapeau, laissent la barbe, la moustache, les sourcils envahir leur visage. Jamais de torse nu pour travailler, même à la moisson. C'est à peine si on enlève la veste, mais on garde le gilet.Dès que reviennent les vents, et le froid, et cette lumière blafarde, même par ciel libre, des pays sur lesquels les miroitements et les reflets se multiplient à l'infini, on se recouvre, on s'enveloppe, on se cache, on ne sort plus que dissimulé dans une ombre personnelle.(...)
[Provence, page 207, Folio 2721)

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